Article du Midi Libre du 6 août 2019 ( fête au château d’Aujac )

C’était le sentiment général chez les organisateurs et les quelque 400 visiteurs.

Magique », c’est l’adjectif qui sort tout de suite de la bouche des organisateurs et des spectateurs pour qualifier les deux jours de reconstitution historique (samedi 27 et dimanche 28 juillet), au château du Cheylard, d’un week-end de juillet 1765.

Quatre cents personnes sont venues revivre ces moments, où la Bête du Gévaudan occupait l’essentiel des conversations. L’animal n’avait pas encore fait de victimes mais on comptait par centaines les attaques de moutons. Il fallait la traquer et l’abattre et pour cela, en l’absence d’une décision royale d’envoyer des soldats, des mercenaires venaient de partout avec l’espoir de toucher une récompense.

Qui aurait pu penser alors que trois siècles après, on referait les mêmes gestes. Voilà le campement dressé dans le pré du château pour abriter des Tchèques, des Catalans, des hommes du Royal écossais, en tout une quarantaine de “reconstituants” avec tenues et armes d’époque. Seul impondérable : le vent violent qui a soufflé en rafales vendredi soir a eu raison des toiles et tout s’est retrouvé par terre. Les spectateurs ont juste pu l’imaginer… Et, malgré la petite pluie du samedi matin, les journées se sont déroulées comme jadis, la noblesse déjeune richement, papote et parle de la Bête, le personnel s’active aux tâches du quotidien et les guerriers vérifient leur matériel avec des tirs à la poudre noire en ordre de bataille et des combats d’escrime sous les yeux émerveillés des petits et des grands.

C’est le ressenti général si on veut faire le bilan de cette fête : une spontanéité et une ambiance à couper le souffle, « une merveilleuse façon de faire vivre ces vieilles pierres », selon les mots d’une des organisatrices.

Pérenniser cette fête

Pour Soline et Nicolas Baptiste, historiens qui s’investissent énormément dans cette aventure, ça demande beaucoup d’énergie pour gérer soixante-cinq intervenants.

Nicolas dit de lui que c’est un “horloger” : il règle les rouages et lance la machine, parfois en improvisant comme lors de l’attaque du château dimanche après-midi. Le public a été invité à y participer en jouant le rôle soit d’assaillis, soit d’assaillants… Tout s’est déroulé de manière parfaite, à la plus grande satisfaction de tous, Soline et Nicolas compris.

Et maintenant ? « Le Cheylard n’est pas qu’un château, c’est un site » qui se prête bien à tous ces moments d’histoire vivante. Alors il y a des projets. Déjà pérenniser cette fête… Pourquoi ne pas parler d’autres châteaux d’Occitanie. Et puis plus proche dans le calendrier, il y a bientôt les Journées du patrimoine. Une journée qui pourrait être consacrée, sur le site du Cheylard, aux métiers des XVIIe et XVIIIe siècles. L’idée est dans l’air. Seul problème à régler dans l’avenir : le parking. Quatre cents visiteurs qui débarquent comme ça, c’est vrai qu’au XIIe siècle, quand on a commencé à construire le château, on n’avait pas pensé à ça…