Article du Midi Libre du 11 avril 2019 ( cépages interdits )

Elle s’appelle Lucie Morton. Elle est ampélographe, une oenologue-botaniste, c’est-à-dire qu’elle étudie les caractéristiques des différents types de cépages viticoles. Elle est conseillère viticole en Virginie et elle parcourt le monde entier à la recherche des vignes originelles.

Donc tout naturellement elle s’est intéressée aux cépages interdits que l’on trouve entre autres sur une parcelle à Aujaguet, un hameau d’Aujac… Gilbert Bischeri est propriétaire de cette parcelle. Il a invité Lucie Morton à la visiter la semaine dernière… Elle est venue avec Stephan Balay, réalisateur d’un film documentaire intitulé Vitis Prohibita dont la sortie nationale est prévue en juin mais qui a déjà été projeté dans quelques salles…

Il espère qu’il le sera à Génolhac, à Villefort et dans d’autres cinémas de la région. Un documentaire qui raconte justement l’histoire de ces cépages interdits que l’on trouve officiellement aux États-Unis mais pas en France à cause d’une interdiction remontant au 24 décembre 1934.

Après les ravages du phylloxéra, des hybrides venus d’Amérique ont été greffés. Mais il y a eu surproduction à cause de vins venant d’Algérie et d’un puissant lobby (déjà !) des vignerons de la plaine contre ceux de la montagne… D’où ce vote des députés. Les cépages d’origine comme le Clinton, l’Isabelle, l’Otello ou le Noah donnaient un vin qui soi-disant rendait fou. En fait juste ceux qui en buvaient trop, comme l’a montré une étude pharmacologique de 1999. Ces pieds de vigne greffés sont résistants aux maladies et leur culture est naturelle. Et on trouve encore des nouveaux comme il y a quelques années le “Noir d’Aujaguet” dont Gilbert Bischeri est très fier.

Erratum :  La  sortie  du  film   documentaire  Vitis  Prohibita  qui  était  prévue  courant  juin  a  été  repoussée  au  mois  de  novembre